La place Maurice-Audin en « fête » en ce 4ème vendredi de la protestation populaire. Photo : S. El Haddad.
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Pour le quatrième vendredi consécutif, le mouvement populaire a investi pacifiquement les grandes places publiques du pays après avoir emprunté les rues et principales artères des villes d’Algérie.

Ainsi, à Alger, bien avant la prière du vendredi, à midi pile, des milliers de citoyens, femmes et hommes, de tous les âges dont la plupart des jeunes, se sont retrouvés à la Grande Poste, Alger-Centre, puis ont avancé vers la place Maurice-Audin où un important dispositif sécuritaire a été mis en place pour encadrer la marche.

Sur place, dans une ambiance festive rythmée au son de la derbouka, de la trompette et de youyous, les manifestants scandant tantôt des slogans pour le changement et appelant les forces de l’ordre à rejoindre le mouvement populaire en criant : ” Ya elpolissi, ntaya chaabi, werazek 3la rabi” (oh policier enfant du peuple, rejoint-nous c’est Dieu qui donne la richesse), ou encore ” nahi el caskita warewah m3ana” ( rends ta casquette et viens avec nous), et aussi ” Djich chaab khawa khawa” (Armée et Peuple sont frères), “Silmiya, Silmiya” (Pacifique, pacifique), tantôt discutent, rigolent et chantent faisant d’Alger une fête populaire à ciel ouvert. Sur les pancartes, écriteaux et autres banderoles qu’ils brandissaient, l’on pouvait lire : ” Macron occupe toi de tes gilets jaunes“, ” USA + France this is a family matter ” (Etat-Unis + France, dégager c’est une affaire de famille), ” Le peuple refuse l’intervention de tout parti politique“.

A quatorze heures, la foule se faisant plus nombreuse, sans incident aucun, a réussi à briser le cordon sécurité et monter le boulevard Mohamed V en direction du Palais d’EL Mouradia. Lequel dispositif sécuritaire a été quelques instants après rétabli, maintenant ainsi le restant des manifestants à la Place Audin où se poursuit encore “la fête”.

Notons que dans plusieurs quartiers de la capitale des familles ont offert des repas et des boissons aux manifestants.

Mieux, dans la périphérie d’Alger, des transporteurs privés de voyageurs ont conduit gratuitement les usagers vers la capitale.

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