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“Semer pour récolter”. Tel a été le thème retenu pour cette 11ème édition de SUDAGRAL, Salon de l’agriculture saharienne et septique, qui s’est déroulée du 13 au 15 février derniers à Boussada, M’sila. Figurant parmi la dizaine de conférenciers qui ont animé cette rencontre, Mohamed Kheddam, directeur à l’Institut algérien de normalisation (INANOR) et formateur-expert en Iso 26 000, norme sur la responsabilité sociétale des organisations (RSO), dans cet entretien accordé à Algérie Online, outre de mettre en exergue le rôle des normes pour une performance agricole durable, reviendra par des chiffres sur un secteur qui tâtonne et peine à s’inscrire dans une compétitivité efficace et durable.    

Algérie Online : Vous venez de prendre part à la 11ème édition de SUDAGRAL qui s’est tenue  à Boussaada. Quel a été l’apport de votre institut à ce salon de l’agriculture saharienne et steppique ?

M.Kheddam: La présence de l’Institut algérien de normalisation (IANOR) était pour la sensibilisation des différentes parties prenantes sur les multiples normes qui peuvent être mise au service de l’agriculture. En effet, l’IANOR d’un nombre important de normes dédiées tant  dans le domaine de l’agroalimentaire que dans les domaines des produits pour l’alimentation humaine et animalière, faisant qu’elles couvrent l’ensemble de la chaine alimentaire depuis la production jusqu’à la consommation ainsi que des moyens de reproduction animaux et végétaux.

Concrètement, quel est votre champ d’intervention ?

Les comités techniques de normalisation de l’IANOR, qui sont le miroir des comités techniques internationaux au niveau de l’ISO, traitent notamment de terminologie, des méthodes d’essais et d’analyse, des spécifications de produits, du management de la sécurité des aliments aussi bien humains qu’animaliers et enfin du management de la qualité et les exigences concernant l’emballage, l’entreposage et le transport. De plus nous proposons un guide de bonne pratique en hygiène de denrées alimentaires, faisant que le producteur agricole qui travaille selon les normes en vigueur restera compétitif à plus d’un titre.  

L’application des normes, outils de bonne gouvernance, favorise le développement de l’agriculture en ce sens qu’elle pourra ainsi répondre aux exigences des consommateurs et du marché. Pour cela, en matière de la démarche qualité et performance, plusieurs approches à périmètre variable sont possibles. Ainsi, une organisation dans son objectif de maitrise des risques  liés à la satisfaction clients et à la non-conformité peut recourir à la norme Iso 9001. Comme elle peut aussi adopter une démarche de certification Hallal, par exemple, et de labellisation.  Mieux. Plus globalement, l’organisation (entreprise, organisme…) peut aller vers une valorisation du capital immatériel à travers la norme algérienne NA ISO 26 000, relative à Responsabilité sociétale des organisations (RSO).  

La NA ISO 26 000, une norme qui fait son bout de chemin en Algérie. Justement parlons de son apport dans le domaine agricole.

La responsabilité sociétale des organisations n’est pas qu’un concept théorique à imprimer sur de jolies brochures et à s’assurer de bien épeler lorsqu’on présente son organisation dans des demandes de financement. C’est d’abord une orientation stratégique et un ensemble de pratiques à maîtriser pour accomplir de manière efficace sa mission d’organisation. En effet, il n’est pas possible d’obtenir le droit d’opérer sans le consentement des principales parties prenantes; sans développer les marchés sans une réputation d’organisation responsable et une démonstration que cette réputation est fondée; pas possible d’obtenir de financement sans respect des principes de bonne gouvernance.

Le secteur agricole algérien souffre d’une faible productivité en raison de plusieurs facteurs défavorables, qu’ils soient externes (aléas climatiques) ou internes (sous mécanisation, faiblesse des investissements, infrastructures déficientes, manque de formation des ressources humaines). Cette faible productivité est encore accentuée par le niveau élevé des terres « en repos » qui représenteraient plus de 3 millions d’ha.

La NA ISO 26 000 est un moyen pour celles-ci de contribuer au projet général du développement durable (DD), et elle est peut-être aussi un moyen de leur assurer une place enviable dans leur champ économique. C’est d’abord une orientation stratégique et un ensemble de pratiques à maîtriser pour accomplir de manière efficace sa mission d’organisation, tout en intégrant et en améliorant l’environnement au sens large.

Vous dites que le secteur agricole algérien souffre d’une faible productivité. Pourriez-vous nous donner des chiffres ?

La surface agricole utile (SAU) s’élève à 8,5 millions d’hectares, soit seulement 3,6 % de la superficie totale du pays qui englobe une immense zone saharienne en grande partie non utilisable pour l’agriculture. Mais à cette SAU au sens strict, il convient d’ajouter d’importantes zones de parcours (32,9 millions d’hectares), notamment en zones steppiques, peu productives mais utilisables par les cheptels. 4,2 millions d’hectares de forêts et maquis complètent les terres à vocation agricole et rurale. La surface irriguée s’élève à 1,1 million d’hectares, soit 13 % des terres cultivées.

Les petites exploitations de moins de 10 ha dominent largement puisqu’elles représentent 70 % environ de l’ensemble des exploitations, mais elles couvrent seulement 25 % des surfaces cultivées. Les grandes exploitations sont très minoritaires (2% de l’ensemble), mais leur poids économique est important car elles occupent une superficie quasi équivalente aux précédentes. Les exploitations de taille moyenne (entre 10 et 50 hectares) représentent une catégorie intermédiaire non négligeable (plus de 25 %) qui occupe la moitié environ de la surface cultivée. Par ailleurs soulignons que 2,5 millions d’hectares relèvent du domaine privé de l’État. Elles font l’objet aujourd’hui d’attributions sous le régime de la concession d’une durée de 40 ans renouvelable.

D’où justement la pertinence de la RSO, ou la NA ISO 26 000, qui non seulement est un moyen pour les organisations de contribuer au projet général du développement durable mais elle est aussi un moyen de leur assurer une place enviable dans leur champ économique. A cet effet, la norme algérienne NA ISO 26000 est un guide pertinent et légitime. Il revient maintenant aux organisations de s’inspirer de ses principes et de la mettre en œuvre.

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