"Avec le statut permanent aux abonnés absents de l’Arav, il est évident que ces medias, par-delà les préjudices qu’ils causent aux concernés, ne redoublent de férocité mensongère que sous la poussée de la concurrence, elle-même mue par la publicité. Il est aussi évident que ce déferlement d’intox, qui cause du tort à tout le monde, sauf aux inconscients qui la diffusent, ne s’inscrirait pas dans la durée si les concernés commençaient à défendre leurs droits moraux et portant plainte à chaque fois que de besoin". Photo : DR.
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On s’attendait certes à ce que l’actuelle révolution silmya, qui a déjà induit le départ du président Bouteflika, soit aussi propice à l’émergence de toutes sortes d’excès et d’écarts, mais pas à un tel point d’intox.

Les observateurs les plus tolérants envers la non observance stricte de la vérité et seulement la vérité, sont depuis quelques semaines médusés par cette déferlante de fausses informations, de diffamations, de calomnies de tout acabit et de fake-news, tous mensonges déployés, devant Dieu et ses créatures.

C’est notamment sur certaines (précaution pour ne pas dire toutes) chaînes privées de télévision, la foire folle aux plus folles informations fantaisistes, ne citant comme source, au lieu de citer la personne ou l’institution à l’origine de la nouvelle, juste la formule «selon nos sources».

Sans parler des réseaux sociaux où tout fonctionne sous le sceau de l’impunité et où nul, et on le comprend, n’est tenu à s’assujettir aux règles éthique et déontologique de l’information et du journalisme en particulier, des médias télévisuels ou, il est vrai de plus en plus rarement, de la presse écrite, ont enfourché la sinistre vocation de terreau de rumeurs et d’ampli d’infos qu’il serait presque flatteur de qualifier d’”infondées”.

Toutes les techniques de la manipulation sont utilisées, de l’invention pure au détournement de l’information, en passant par l’usage sans frein, ni retenue ni smig de moralité ; des techniques de photoshop.

Ainsi, on a inventé des rencontres de responsables algériens, moudjahidine de surcroît, avec des agents des services secrets français, des relations coupables entre hommes d’Etat et des dames connues ou des sorties dans les lieux à la réputation douteuse, “preuves” à l’appui, lesdites preuves étant un bidouillage flagrant de photos triturées à l’envi pour la bonne cause de l’intox.

Sans conteste, le pas de l’outrecuidance et du mensonge éhonté a été franchi avec la diffusion de la plus odieuse des rumeurs, celle de Bouteflika qui aurait été dans le coma et même sous respiration artificielle. Le pire, c’est que le lendemain, on montre le même Bouteflika remettant sa démission au Conseil constitutionnel le plus normalement du monde, comme si la veille rien n’avait été dit sur l’extrême détérioration de sa santé, aux confins du trépas.

Ensuite, c’est au tour de l’ancien ministre de la Justice de faire l’objet d’une autre intox de la part d’une chaîne privée, faisant état d’une prétendue interpellation à la frontière ouest alors que tout un chacun pouvait vérifier qu’il n’avait pas quitté la capitale et qu’au moment où ces lignes sont écrites, il est exactement au siège du FLN.

Ce ne sont malheureusement pas les exemples de telles dérives qui manquent, portant un sérieux coup à la crédibilité de la presse algérienne.

Et pendant ce temps, l’agence de régulation Arav réagit en confirmant son statut permanent aux abonnés absents.

Il est évident que ces médias, par-delà les préjudices qu’ils causent aux concernés, ne redoublent de férocité mensongère que sous la poussée de la concurrence, elle-même mue par la publicité.

Il est aussi évident que ce déferlement d’intox, qui cause du tort à tout le monde, sauf aux inconscients qui la diffusent,  ne s’inscrirait pas dans la durée si les concernés commençaient à défendre leurs droits moraux et portant plainte à chaque fois que de besoin. En d’autres termes, par voie légale, mettre fin à l’impunité à laquelle s’abreuve cette calamité appelle “rumeur et intox“.

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