Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées depuis ce samedi matin sur les cinq lieux de rassemblement de l'anniversaire de la Grande Marche du retour. Photo : DR.
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Un martyr et plusieurs blessés dont un enfant.

Des dizaines de milliers de Palestiniens se sont rassemblés ce samedi dans la bande de Ghaza pour marquer le premier anniversaire des “Marches du retour”, mobilisation qui a fortement contribué à de vives tensions depuis le 30 mars 2018.  Les organisateurs de la manifestation ont appelé à laisser tomber toute  autre activité et à manifester pacifiquement.

Entre les différents lieux de rassemblement, des milliers d’habitants de l’enclave coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée, ont pris la direction de la frontière sous les drapeaux palestiniens aux couleurs noire, blanche, verte et rouge, et sous des pluies éparse.

Des les premières heures avant la Marche du grand retour, les soldats israéliens se sont mis à tirer tuant ainsi un Palestinien alors qu’il manifestait à la frontière entre la bande de Ghaza et Israël. Selon le ministère de la Santé du Hamas dans un communiqué, Mohammed Saad, âgé de 20 ans, a été touché à la tête par des tirs alors qu’il participait, à l’est de la ville de Ghaza, aux manifestations. Pour leur part, des manifestants sur place, ont indiqué qu’ il se trouvait à plus de 100 mètres de la barrière qui sépare la bande de Ghaza d’Israël lorsqu’il a été touché.

Par ailleurs, des dizaines de Palestiniens ont été blessés  par des tirs directs des militaires israéliens sur la frontière de la bande de Ghaza avec la Palestine occupée. Certains ont été aspergés de gaz lacrymogène et se trouvent dans un état grave. Parmi les blessés, se trouve un enfant touché par une balle réelle à l’est du camp al-Buraij.

Les forces israéliennes n’ont pas épargné les travailleurs humanitaires et les secouristes qui se sont retrouvés dans un nuage de fumée lacrymogène. Une ambulance a été aussi endommagée.

Dans la soirée d’hier, le mouvement a pris de l’ampleur et c’est alors que l’artillerie de l’armée israélienne est entrée en fonction au soutien des soldats sionistes. Elle a tiré des obus de mortier sur un poste d’observation dans le district de Hajar al-Deek, au centre de Ghaza, a rapporté aujourd’hui tôt dans la matinée, l’agence palestinienne Maan News.

Des explosions ont également été entendues depuis les frontières de la bande de Gaza avec la Palestine occupée. Ces explosions au contraire, correspondaient aux opérations nocturnes de jeunes palestiniens dont les ballons incendiaires défient l’armée de l’occupation. Ismaïl Haniyeh, le chef du mouvement Hamasqui contrôle Ghaza depuis 2007 parle de “manifestation d’un million” de personnes.

L’ONU appelle à éviter une effusion de sang

Le coordinateur de l’ONU pour les affaires humanitaires dans les territoires palestiniens, Jamie McGoldrick, a estimé que «la priorité est  de préserver les vies et chacun doit agir en ce sens». Palestiniens et défenseurs des droits humains accusent Israël d’usage excessif de la force.

Depuis le 30 mars 2018, des milliers de Ghazaouis participent toutes les  semaines à ces manifestations. Ils réclament outre la levée du blocus  israélien imposé à Ghaza depuis 2006, le droit de revenir sur les terres  qu’eux-mêmes ou leurs parents ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948. Au moins 258 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, la grande majorité le long de la frontière, depuis cette date.

La protestation a culminé le 14 mai 2018 avec la mort d’un moins 62 Palestiniens sous les balles israéliennes à Ghaza, le jour de l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à El-Qods occupée.

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