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A croire que lorsque deux ministres, en l’occurrence Mesdames Benghabrit et Faraoun, accordent leurs violons, ce n’est que pour mieux mettre en exergue leur capacité de nuisance en matière de blocage. Il est vrai que ce n’est pas la première fois que toute l’Algérie est soumise à l’interruption d’Internet mais la récidive tant crainte en la matière a été reconduite, au grand dam de tous les internautes, autant dire tout le monde. Cette manière de procéder, assimilable à l’idée de soigner la fièvre en brisant le thermomètre, est le plus grand aveu d’échec des pouvoirs publics en général et ceux de l’Education nationale en particulier, face au spectre de la fraude au Bac. Pour parer à ce que ce qu’appelle la même Benghabrit « traumatisme de 2 0016 » ne se reproduise, l’option a été portée sur la méthode la plus extrême, celle d’écarter le moyen de communication, l’arme du crime en quelque sorte, en verrouillant  Internet. En exagérant un peu, c’est comme si lors des pires moments du terrorisme, les forces de sécurité avaient décidé de bloquer sentiers, routes nationales et même autoroutes pour empêcher le déplacement de ces criminels. En agissant de la sorte, c’est-à-dire bloquer Internet (oui, même par intermittence…) face à des millions d’Algériens laissés sans moyen de contact, d’information et de communication, en érigeant une digue infranchissable, du moins censée l’être, contre la fraude au Bac, les auteurs de cette dérive ne font rien d’autre que fermer un interstice sur un versant en ouvrant une énorme brèche sur l’autre. Cela s’appelle également voguer de Charybde en Scylla ou encore, plus prosaïquement, éviter un problème pour se fracasser sur un obstacle. Scandaleuse est cette manière de ne penser qu’à son propre secteur au détriment de tous les  autres. Révoltante est cette application aveugle, bête et méchante de l’adage « Takhti rassi » et « après moi, le déluge… ».

Oui mais la responsable de cette méthode du tout répressif par le tout verrouillage s’appelle Benghabrit. Il ne faut pas la critiquer. Pas touche, parce que c’est « une démocrate, une anti-rétrograde, une moderniste, une porteuse des idées républicaines et tutti quanti »…

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