La manne publicitaire publique ne représente que 20% de l’ensemble de la publicité disponible. Photo: DR
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Les temps sont durs pour la presse écrite algérienne qui connaît une crise sans précédent. Elle est confrontée globalement à une baisse drastique de la publicité et à la révolution numérique et Internet qui bouleversent le secteur.

Au total de 26 quotidiens et 34 hebdomadaires ont disparu du paysage  médiatique national depuis 2014, avait indiqué le  ministre de la Communication. La manne publicitaire publique ne représente néanmoins que 20% de  l’ensemble de la publicité disponible en Algérie. Celle-ci a reculé, en  quatre ans, de plus de 60%, en raison de la crise économique, selon des  chiffres officiels.

Aussi, le paysage médiatique algérien a connu ces  dernières années une transformation sans précédent avec une prolifération  de journaux électroniques, suscitant ainsi un intérêt grandissant d’un  lectorat de plus en plus tourné vers ce type de médias dont l’information  est diffusée gratuitement et en temps réel. Des dizaines de sites électroniques  d’information et des journaux en ligne sont apparus, dépassant ainsi la barre des 100 sites en Algérie.

Abordant ce phénomène qui touche la presse dans le monde et non seulement  en Algérie avec les professionnels de la presse, le secrétaire général du Syndicat national des journalistes  (SNJ), Kamel Amarni, a relevé que les difficultés que rencontrait la presse  écrite sont dues essentiellement à la crise économique que connait  l’Algérie, soulevant la problématique du monopole de l’ANEP sur la  publicité publique, « une distribution de la manne qui obéit à des critères  flous». S’agissant de l’Autorité de régulation de la presse écrite (ARPE), Amarni a relevé qu’il y avait un sérieux problème pour la future  composante des représentants élus, précisant qu’il faut déterminer au  préalable le corps électoral avec exactitude et personne ne sait  actuellement le véritable nombre des vrais journalistes. Beaucoup de journalistes ne sont pas déclarés par leur employeur et  d’autres n’ont pas déposé de dossier pour avoir la carte provisoire du  journaliste professionnel. Comment savoir alors leur nombre exact pour  assurer l’élection de cette composante élue, s’est-il interrogé.

Pour le professeur en journalisme et spécialiste des médias, Redouane  Boudjema, cette année consacre malheureusement encore une fois une crise  profonde de la presse écrite, conséquente de la crise économique et  financière.  Il a imputé ce déclin à la crise du marché publicitaire, avec un recul de  60%, expliquant que parmi les meilleurs annonceurs figuraient notamment les  concessionnaires automobiles mais qui sont eux aussi sont en crise. Ce spécialiste des médias a soutenu que la presse écrite avait échoué  dans sa transition numérique, en raison du manque  de stratégie à long  terme et d’une politique managériale viable, soulignant qu’il faut gérer  les rédactions de manière différente en développant un nouveau modèle  économique de gestion en associant le numérique. « Si rien n’est fait, nous allons assister, à l’avenir, à l’enterrement d’autres titres de la presse », a-t-il regretté.

Dans ces déclarations, le ministre de la Communication avait estimé que le  modèle de soutien par la publicité institutionnelle avait montré ses  limites et c’était aux éditeurs de rechercher et d’imaginer des solutions  et des alternatives à la manne publicitaire publique.

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