Au plus haut depuis cinq mois, les prix du pétrole poursuivent leur tendance à la hausse, en raison des prévisions de resserrement de l’offre globale liées à la reprise des combats en Libye et des réductions en Iran et au Venezuela. Photo: DR
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Les prix du pétrole ont atteint leur plus haut niveau en cinq mois. Au plus haut depuis cinq mois, ils poursuivent leur tendance à la hausse, en raison des prévisions de resserrement de l’offre globale liées à la reprise des combats en Libye et des réductions en Iran et au Venezuela.

En effet, les cours de l’or noir se sont nettement redressés hier, en cours d’échanges européens, franchissant la barre de 70 dollars le baril. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin valait aujourd’hui 71,10 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, exactement comme à la clôture d’hier.

Au début des échanges asiatiques, le baril est monté jusqu’à 71,34 dollars, un plus haut depuis novembre. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de “light sweet crude” (WTI) pour mai gagnait 22 cents à 64,62 dollars. Dans la matinée, il a atteint 64,79 dollars, un plus haut également depuis cinq mois.

La croissance des prix du pétrole se poursuit motivés par de nombreuses raisons complémentaires, selon des analystes qui citent notamment la “menace d’escalade du conflit libyen”, “la situation chaotique au Venezuela“, et l’accord de réduction de la production de l’Opep+ pour empêcher une surabondance de l’offre qui pourrait provoquer une chute des prix.

Depuis jeudi dernier, l’Armée nationale libyenne (ANL) de l’Est de la Libye, menée par Khalifa Haftar, mènent une offensive vers Tripoli, au prix de violents combats avec ses rivaux du Gouvernement d’union nationale (GNA), provoquant des dizaines de morts et déplaçant plus de 3.400 personnes. “Un important terminal pétrolier à partir duquel est exporté la production du plus grand champ de pétrole du pays est situé près de Tripoli“, ont expliqué les analystes de Commerzbank.

Selon eux, sa fermeture se traduirait par 300.000 barils quotidiens en moins pour le marché, dans un contexte où les sanctions contre le Venezuela et l’Iran, deux pays gros producteurs de brut, contribuent déjà à faire monter les cours.

Du côté des membres de l’Opep, le ministre saoudien de l’Energie Khalid al-Falih a déclaré hier que le marché pétrolier était en voie d’équilibre et que les pays producteurs de pétrole n’auraient peut-être pas besoin de réduire davantage leur production. Al-Falih a toutefois insisté sur le fait qu’il était encore prématuré de dire qu’une réunion cruciale en juin pour l’Opep et ses alliés permettrait de prolonger les réductions de 1,2 million de barils par jour à partir de début 2019 après la chute des prix du pétrole de plus de 30% fin 2018.

L’Opep et ses partenaires avaient accepté en fin d’année de réduire leur production de 1,2 million de barils par jour à partir de début 2019, afin d’enrayer la chute des prix du brut.

Les producteurs de pétrole se sont demandé s’il était nécessaire de prolonger les réductions au-delà de l’échéance de juin ou même de procéder à des réductions supplémentaires. Le ministre saoudien a déclaré que le sujet serait discuté lors d’une réunion clé de l’Opep à Djeddah (Arabie saoudite) le mois prochain.

Al -Falih a dit que la Russie, principal producteur non membre de l’Opep, et d’autres producteurs comme l’Irak, le Koweït et les Emirats arabes unis avaient respecté leurs obligations en matière de réduction de production. Il a aussi déclaré que l’objectif principal des pays de l’Opep restait de réduire le niveau des stocks mondiaux car “le marché est sensible aux stocks”.

Pour rappel, les pays participants à la treizième réunion du comité ministériel de suivi Opep et non-Opep (JMMC) tenue à Bakou (Azerbaïdjan), ont assuré au Comité qu’ils dépasseraient leurs ajustements volontaires de production au cours des prochains mois.

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