Un seuil franchi pour la première fois depuis novembre 2018. Photo : DR
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Les cours du pétrole montaient ce vendredi en cours d’échanges européens sans repasser au dessus du seuil des 70 dollars, brièvement franchi la veille pour la première fois depuis novembre 2018.

Dans l’aprés-midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin valait 69,74 dollars à Londres, en hausse de 34 cents par rapport à la clôture de hier, jeudi.

A New York, le baril de WTI pour le contrat de mai gagnait 47 cents à  62,57 dollars. La référence européenne avait culminé jeudi à 70,03 dollars, tandis que le WTI avait atteint le même jour un plus haut en près de cinq mois, à 62,99  dollars

Le risque d’un tweet de Donald Trump pèse sur le  pétrole comme une épée de Damoclès qui s’abattra sur le marché si le baril coûte plus de 70 dollars trop longtemps“, ont prophétisé les analystes de Commerzbank.

Le président américain a utilisé Twitter pour critiquer l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à plusieurs reprises ces derniers mois. La pression de Washington avait été créditée par de nombreux observateurs du marché pour l’assouplissement de l’accord de l’Opep et de ses partenaires, qui avaient moins limité leur production au deuxième semestre 2018, conduisant à une fonte des prix. L’accord avait ensuite été durci et renouvelé en décembre pour le premier semestre 2019.

Mais le Congrès américain a approuvé hier une résolution exhortant Donald Trump à arrêter tout soutien à la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen.

Le président va sans aucun doute mettre son veto, mais ce serait une preuve de soutien aux Saoudiens au moment-même où ces derniers ignorent ses demandes répétées de produire plus“, a remarqué Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix.

L’Opep et ses partenaires, dont la Russie, devront décider fin juin de renouveler ou non leur accord.

Les prix sont également soutenus par des baisses de production involontaires. Dernièrement focalisé sur l’Iran et le Venezuela, tous deux sous le coup de sanctions américaines, le marché s’est tourné jeudi vers la Libye.

Les forces alliées au gouvernement en Libye ont repoussé vendredi des combattants rivaux engagés dans une offensive pour prendre la capitale Tripoli, des affrontements susceptibles de replonger le pays dans un nouveau conflit.

Enfin, alors que la production des Etats-Unis continue de battre ses propres records (12,2 millions de barils par jour la semaine dernière, selon les données officielles), certains analystes prévoient un essoufflement de la croissance.

La croissance va continuer d’être forte, mais les gains de productivité par puits vont ralentir et une discipline budgétaire plus stricte des groupes pétroliers va rendre le marché moins imprévisible“, ont prévenu les analystes de Morgan Stanley, qui ont revu en légère baisse leurs prévisions pour la production de pétrole de schiste en 2019.

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