Le parquet péruvien soupçonne M. Garcia et 21 autres personnes d'avoir fait en sorte que l'entreprise néerlandaise ATM Terminals remporte en 2011 une concession portuaire, alors qu'il était président. Photo : DR.
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L’ex-président péruvien Alan Garcia s’est suicidé ce mercredi à Lima juste avant son interpellation  dans le cadre du scandale de corruption Odebrecht, dernier rebondissement dramatique de ce dossier tentaculaire éclaboussant la classe politique latino-américaine.

Alan Garcia est décédé“, a déclaré Omar Quesada, secrétaire général du parti de l’ex-dirigeant. L’actuel chef de l’Etat péruvien Martin Vizcarra s’est dit sur Twitter “consterné par le décès de l’ex-président Alan Garcia. Je transmets mes condoléances à sa famille et à ses proches“, a-t-il écrit.

M. Garcia avait déclaré que cette fois il ne se cacherait pas et ne demanderait pas d’asile, en référence à sa tentative ratée du mois de décembre. Fin 2018, il avait demandé l’asile à l’Uruguay en restant 16 jours dans l’ambassade de ce pays à Lima. Montevideo avait rejeté sa demande après examen de son dossier.

Le parquet péruvien soupçonne M. Garcia et 21 autres personnes d’avoir fait en sorte que l’entreprise néerlandaise ATM Terminals remporte en 2011 une concession portuaire, alors qu’il était président.

Ces dernières semaines, l’ancien dirigeant s’était défendu en affirmant qu’ ” il n’existait aucune dénonciation, preuve ou transfert (d’argent) qui (le) lierait à un quelconque fait répréhensible et encore moins avec l’entreprise Odebrecht où à un de ses chantiers“.

Né en 1949 à Lima, dans une famille de la classe moyenne et de militants de l’APRA (parti social-démocrate), Alan Garcia devient en 1978 le plus jeune député élu à l’Assemblée Constituante, puis le plus jeune président du Pérou, à 36 ans en 1985. Il est réélu en 2006.

Ce colosse de 1,90 mètre a longtemps bénéficié de l’aura du persécuté politique, acquise lorsque, recherché par la police du président Alberto Fujimori en 1992, il s’était enfui par les toits de sa maison pour gagner l’ambassade de Colombie. Réfugié un temps à Bogota, il s’installe ensuite en France, où il effectue une partie de ses études, complétées à Madrid par un doctorat en droit afin de devenir avocat.

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