les cours du pétrole divergeaient en cours d'échanges européens dans un marché observant de près la situation au Venezuela. Photo: DR
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Réunion Opep et non Opep les 17 et 18 avril prochain à Vienne.

Le prix du panier de quatorze pétroles bruts, qui sert de référence à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), s’est établi hier à 60,22 dollars le baril, contre 60,52 dollars la veille, a indiqué aujourd’hui l’Organisation sur son site web.

Hier, les cours du pétrole divergeaient en cours d’échanges européens dans un marché observant de près la situation au Venezuela. Dans l’après- midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 60,94 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 20 cents par rapport à la clôture de mercredi dernier.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de “light sweet crude” (WTI) pour la même échéance gagnait 6 cents à 52,68 dollars une heure après son ouverture.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro comptait hier sur l’appui de l’armée pour contrecarrer le soutien international apporté au président du Parlement Juan Guaido, autoproclamé la veille “président” par intérim et immédiatement reconnu par les Etats-Unis et leurs alliés dans la région. Une situation explosive dans le pays comptant les plus amples réserves de brut au monde, et qui reste un important membre de l’Opep, malgré l’effondrement de sa production ces dernières années. “Même s’il n’y a pas encore de sanctions formelles, les groupes pétroliers vont avoir besoin d’une confiance inébranlable en leurs avocats s’ils veulent continuer d’échanger avec le Venezuela“, a résumé un analyste qui estime donc que “d’une façon ou d’une autre, l’offre vénézuélienne va diminuer, surtout vers les Etats-Unis”.

Mais si les acteurs du marché surveillaient la situation, les prix ne réagissaient pas outre mesure, alors que les cours de l’or noir semblent plutôt dictés par l’appétit du marché pour le risque.”L’intérêt général des investisseurs pour le risque, et donc pour les matières premières, est limité“, ont rappelé des analystes. Selon eux, seules les baisses de production de l’Opep permettent aux prix de ne pas flancher.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires, dont la Russie, ont décidé début décembre d’amplifier leurs efforts de limitation de la production à partir de début janvier en cours.

L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) qui a publié hier ses données sur les réserves des Etats-Unis arrêtées au 18 janvier dernier, a indiqué que les réserves commerciales de brut ont augmenté de 8 millions de barils pour s’établir à 445,00 millions, là où les analystes interrogés par l’agence Bloomberg anticipaient un repli de 750.000 barils. La production est restée au niveau record atteint la semaine précédente, les Etats-Unis ayant extrait en moyenne 11,9 millions de barils par jour (mbj).

Bien qu’en dégradation, le pétrole de schiste américain à 6% actuellement à 6%, ira à 10% d’ici 2025

Au Forum économique mondial de Davos, des compagnies pétrolières américaines ont affirmé que la croissance de leur production de pétrole de schiste allait ralentir. Les Etats-Unis sont devenus le premier producteur mondial, devant la Russie et l’Arabie saoudite, avec une production proche de 12 millions de barils par jour (bpj).

Les prévisions de l’Opep, et même les projections du gouvernement américain, ont régulièrement sous-estimé la croissance de la production américaine. “Je pense qu’il n’y aura pas un afflux aussi important d’argent dans le bassin Permien cette fois-ci. Je crois que les investisseurs vont demander des comptes aux compagnies sur le retour (sur leurs investissements) et cela n’a pas beaucoup été le cas jusqu’à présent“, a déclaré la DPG d’Occidental, Vicki Hollub. Confirmant ces propos, le fondateur et PDG de Hess Corp, John  B. Hess a dit que la production de pétrole de schiste, qui représentait environ 6% de la production mondiale, irait probablement jusqu’à 10% d’ici 2025, mais qu’ensuite elle se stabiliserait. Il a ajouté que les réserves américaines commenceraient à se dégrader. “Le schiste n’est pas la nouvelle Arabie saoudite. C’est une composante importante de court terme“, a-t-il déclaré.

Le président américain Donald Trump a accusé à plusieurs reprises l’Opep de manipuler les cours et exigé plusieurs fois l’an dernier que l’Opep les fasse baisser. Il a aussi félicité l’Organisation et l’Arabie saoudite quand les cours baissaient. Les cours du pétrole ont atteint un pic de 86 dollars le baril en octobre, mais ils sont nettement retombés depuis.

« L’industrie du pétrole est en état de siège au niveau mondial »

Le secrétaire général de l’Opep, Mohammed Barkindo a déclaré pour sa part que l’Organisation visait à équilibrer l’offre et la demande sur le marché et avait aidé les Etats-Unis à sauver l’industrie du pétrole des prix ultra-bas. “L’industrie du pétrole est en état de siège au niveau mondial“, a-t-il déclaré, ajoutant que l’Opep souhaitait parler de façon plus régulière aux producteurs américains de pétrole afin de mieux comprendre leurs enjeux, même s’ils ne peuvent pas participer aux plans de réduction de la production de l’Opep. “L’Opep joue un rôle très important en stabilisant le marché et ces efforts doivent être reconnus“, a répliqué le fondateur et PDG de Hess Corp. De son côté le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, qui représente les pays industrialisés, a souligné que la plupart des prévisions sous-estimaient encore la croissance de la production américaine.

Opep-non Opep les 17 et 18 avril prochain à Vienne

L’Opep et ses partenaires tiendront une réunion les 17 et 18 avril prochain à Vienne afin d’estimer si leur politique de réduction de la production doit être maintenue ou amendée, selon des informations de l’agence Bloomberg qui a cité le secrétaire général de l’Organisation. Ce rendez-vous sera précédé par la treizième réunion du Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord Opep-non Opep (JMMC) à Bakou en Azerbaïdjan, le 18 mars prochain.

Pour rappel, introduit en 2005, le panier de référence de pétrole brut de l’Opep (ORB) comprend actuellement le Sahara Blend (Algérie), Girassol (Angola), Djeno (Congo), Oriente (Equateur), Zafiro (Guinée Equatoriale),Rabi light (Gabon), Iran Heavy (Iran),Basra Light (Irak), Kuwait Export ( Koweït), Es-Sider (Libye), Bonny Light (Nigéria), Arab Light (Arabie saoudite), Murban (Emirats arabes unis) et Mery (Venezuela).

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