La planche à billet a été proposée par le gouvernement via " certains experts, faisant partie d’une « task force » installée auprès de la Primature, dans une note datée, d’avril 2017 et intitulée « le financement de l’économie : écueils et solutions possibles ». Photo: DR
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Dans un point de situation sur le financement non conventionnel, établi le 1er avril et publié avant-hier soir sur son site, la Banque d’Algérie affirme s’être opposée au recours à la planche à billets dès la suggestion de cette option par le gouvernement Ouyahia.

A ce titre,  soulignant qu’en moins de deux ans, plus de 6 556 milliards de dinars  ont été mobilisés par le Trésor au titre de la mise en œuvre du financement non conventionnel, dont seuls 3 114.4 milliards de dinars ont été injectés dans l’économie et le reste a été dispatché notamment pour le financement du Trésor, le remboursement de la dette publique, celle de la Caisse nationale de retraite (CNR), le financement des programmes AADL…, la Banque d’Algérie indiquera que, face à ce nouveau contexte, elle ” a été amenée à adapter sa politique monétaire et mettre en œuvre l’ensemble des instruments, à disposition, aux fins de pallier les éventuels effets inflationnistes d’un tel financement“.

Et pour cause, ajoutera l’institution bancaire, ” le principal défi étant de continuer à assurer la stabilité des prix dans un environnement de surplus de liquidités substantiel et persistant” pour lesquels des ” instruments adéquats pour la gestion de la liquidité ont été mis en œuvre”.

Dans ce contexte, la Banque d’Algérie indiquera que la liquidité bancaire a enregistré une importante augmentation, se situant, au 6 février 2019, à un niveau de près de 2 000 milliards de dinars, contre un encours moyen de 1 482  milliards de dinars au deuxième semestre de 2018 avec  un maximum de 1 650 milliards de dinars en juillet et un minimum de 1 275 milliards de dinars, en septembre 2018.

Et à la BA de conclure sa note avec ” une  évolution  maîtrisée de l’inflation sur la période 2017 à  ce jour,  qui mesurée par l’indice des prix à   la consommation, l’inflation, est passée de 5,6% en 2017, à 4,3% en 2018 et à 4,1% en février 2019″.

Le gouvernement Ouyahia pointé du doigt

Dans sa note explicative, la BA se décharge et indique que ce mode financement a été proposé par le gouvernement via ” certains  experts,  faisant partie d’une task force installée auprès de la Primature, dans une  note  datée,  d’avril  2017  et  intitulée  « le  financement  de l’économie : écueils et solutions possibles”.

Laquelle task force, poursuivra la BA ” avait recommandé, avec insistance, comme une des solutions, face à la détérioration   de la liquidité bancaire  et aux difficultés de financement  de  l’économie,  le  recours  au  financement  dit  non conventionnel( planche à billets)”.

Suite à quoi, en juin 2017,  elle avait émis des ” observations et commentaires ” quant à cette option en relevant en premier lieu,  qu’ ” en Algérie, la situation est loin de présenter des similarités avec les cas exposés dans la note (Etats-Unis, Europe, Japon) qui seraient susceptibles de justifier le recours au financement non conventionnel, dans notre pays ».

A cette remarque, s’ajoutera notamment celle où la BA mettra en garde contre les conséquences hautement inflationnistes de cette option qui ” irait à l’encontre de la nécessaire consolidation budgétaire envisagée dans le cadre budgétaire de moyen terme”.

Aussi, ” il parait paradoxal que les auteurs (du recours à ce mode de financement) appellent de leurs vœux la Banque d’Algérie à recourir à la planche à billet éminemment inflationniste, et soulignent  en  même  temps  que  la  « Banque  d’Algérie ne doit  pas  mettre  « de  l’huile  (sur)  le  feu  en  alimentant  la spirale  inflationniste »  et  ne  doit  pas  « inonder  le  marché de liquidités “, écrit la BA dans sa note.

Ce à quoi, la  BA  ” avait  suggéré,  dans  sa  réponse,  entre autres,  des  démarches  alternatives,  telle  que  l’instrumentation, dans  la  phase  intermédiaire,  de  l’article  53  de  l’Ordonnance relative  à  la  monnaie  et  au  crédit,  prévoyant  la  possibilité  de placer une partie de ses fonds propres, en titres émis ou garantis par l’Etat”.

Une démarche qu’elle estimera ” dûment  confortée par  le versement de dividendes substantiels et prévisibles, au profit du Trésor de l’’ordre de 610  milliards  de  DA  en  2016, 920  milliards  de  DA  en 2017 et 1.000 milliards de DA en 2018 “.

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