Une démarche qui se veut souple et loin de tout affrontement avec le partenaire américain. Photo: DR
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Samedi, le commissaire européen à l’énergie s’est déplacé à Téhéran pour présenter les propositions européennes. En guise de gage de bonne foi, la visite du représentant de Bruxelles a été précédée par la levée des blocages à l’investissement en Iran ce qui équivaut à faire tomber les sanctions antérieures prises à l’encontre de l’Iran.

Mais, cela reste “insuffisant“. L’Iran en “rancunier” un peu et, en pays averti “beaucoup”, compte bien tirer profit de la situation en apparence coriace, au regard de la gravité des sanctions américaines qui vont pleuvoir, présente pourtant sur l’autre face une opportunité pour l’Iran d’arracher de l’Europe plus qu’une coopération énergétique, après tout l’Iran vend le plus gros de sa production pétrolière à la Chine. Dans l’affaire, c’est l’Europe qui trinque, vue que ses propositions n’auront pas tellement d’effet sur le terrain, compte tenu de l’interconnexion du système financier international.

Les grandes entreprises européennes, parties au lendemain de la conclusion de l’accord sur le nucléaire iranien faire des affaires n’accordent pas beaucoup de crédit aux propositions de bien faire de l’Europe, elles préfèrent se retirer que de subir la sanction du système financier américain, même la proposition de libeller les transactions en dollar avec l’Iran n’est pas pour les rassurer. Beaucoup de groupes industriels ont déjà décidé de plier bagage et quitter au plus vite l’Iran malgré les assurances de leurs pays. Le géant français Engie (ex-GDF Suez) a annoncé qu’il se désengagera de ses activités d’ingénierie en Iran d’ici à novembre afin d’éviter les sanctions, idem pour Total qui ne va pas mener à terme le projet gazier qu’il a obtenu en Iran “s’il n’obtenait pas une dérogation de Washington”.

Après tout, la Maison-Blanche a été claire à ce sujet: “le mécanisme de sanctions des Etats-Unis est maintenant mis en place est très clair quant aux exigences“, l’avertissement est vertement exprimé pour celles qui oseraient se mettre en travers de la volonté américaine.

L’Iran teste la bonne volonté européenne

La donne qui n’a pas échappé à l’Iran qui, demande aux Européens, en contrepartie à son maintien dans l’accord, de “prouver” leur bonne volonté en prenant en charge la compensation des pertes qui lui seront infligées. Le dirigeant de l’organisation de l’énergie atomique d’Iran (OEAI), Ali Akbar Salehi, a déclaré sans détour que l’Iran “respectera” l’accord nucléaire “si les pays de l’Union européenne assurent la compensation des pertes infligées” à Téhéran par les sanctions américaines donnant suite à la déclaration du chef de la diplomatie iranienne pour qui, “avec le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire, nous attendons beaucoup de l’Union européenne pour préserver les réalisations de cet accord”.

Difficile donc, pour Téhéran de prêter plus d’intérêt aux propositions européennes. sachant que c’est cette même Europe qui l’avait sanctionnée auparavant pour son nucléaire. L’Iran a été carrément blacklisté pour “soutien au terrorisme” et interdit de commerce du pétrole en sus du gel des avoirs, sanctions commerciales pour les entreprises qui “indisciplinées” et embargo sur les armes. l

Suite à la conclusion de l’accord en 2015, la majorité des sanctions ont été levées,  mais pas toutes, celles liées au programme balistique et aux droits de l’homme sont toujours en vigueur. Il y a quelques mois, des pays européens ont proposé “un renforcement des sanctions,  notamment sur le programme balistique iranien“, selon une information rapportée par l’AFP. Sur le chapitre des droits de l’homme, l’Europe n’a pas fait mieux. Elle a renouvelé pour un an ses sanctions contre plus de 80 personnalités iraniennes pour protester contre ce qu’elle appelle de “graves violations des droits de l’homme” en Iran, c’était en mars dernier.

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