- Publicité -

Récupérer l’argent transféré à l’étranger n’est pas une chose facile, il faut constituer des dossiers solides pour pouvoir condamner ces personnes responsables et espérer confisquer leurs biens . cette démarche peut prendre énormément de temps “, a indiqué ce dimanche l’avocate à la Cour suprême, Hind Benmiloud.

invités hier au forum d’”El Moudjahid”, la juriste a eu à répondre à des questions qui occupent l’opinion publique depuis des années, à savoir, si l’argent détourné et transféré à l’étranger peut être récupéré ? Quelles sont les démarches qu’il faut suivre ? Combien de temps prendra cette action ? Qui a le droit et l’obligation de récupérer cet argent détourné par des politiciens, hauts responsables et des hommes d’affaires aujourd’hui en prison ?…

À ces questions, Hind Benmiloud , avocate à la Cour suprême et au Conseil d’Etat, spécialisée en droit des affaires a assuré que l’Algérie dispose de l’outil juridique pour rapatrier les fonds illicites précisant que « tenter de récupérer cet argent est possible mais “il est indispensable d’avoir des dossiers bien constitués pour pouvoir effectivement espérer rapatrier les fonds et les transférer vers l’Algérie, ce n’est pas une chose facile , il faut qu’on arrive à négocier avec ces personnes responsables de corruption pour nous donner des informations et donc ce n’est pas une tâche facile” .

Aujourd’hui “il faut se focaliser sur comment utiliser tous les moyens pour stopper et signaler ces agissements illicites”, insistera l’avocate. Elle a indiqué qu’il ne fallait pas laisser traîner ces affaires de corruption et qu’il fallait rapidement les signaler.

“Vous êtes venu, pris une fonction publique, vous avez signé une déclaration d’honneur, vous êtes arrivé avec un appartement et au bout de cinq ans, vous vous retrouvez avec un patrimoine énorme ! C’est à ces gens- là qu’il faut demander des comptes, comment ont-ils fait pour acheter des villas à ce montant-là ? Ce sont ces questions-là qu’il faut poser”.

Elle poursuivra que “dans tous les pays du monde dès qu’il y a une différence dans le niveau de vie d’une personne, on commence à se poser des questions et à chercher d’où vient cet argent, sauf en Algérie. Il faut donc faire des enquêtes pour comprendre d’où vient tel ou tel patrimoine”, indique l’invitée du forum, précisant que “ça c’est un travail qui doit être fait par les juges”.

Enfin, Hind Benmiloud a appelé les “lanceurs d’alerte” à continuer de dénoncer la corruption et les corrupteurs. “Avant, les lanceurs d’alerte risquaient gros”. En effet, ils devaient fuir le pays de peur de se faire tuer et de se retrouver d’une manière ou d’une autre derrière les barreaux, à l’image d’un haut cadre de la Sonatrach qui a dû fuir le pays après avoir signalé et dénoncé des malversations au niveau de Sonatrach. Aujourd’hui il faut que les gens qui travaillent dans les sociétés dénoncent ce genre de pratiques”.

En outre, Benmiloud a appelé à la préservation des entreprises économiques appartenant à des hommes d’affaires ou hauts responsables, aujourd’hui en prison car “si ces entreprises coulent, ce sont des millions d’algériens travailleurs et travailleuses qui vont se retrouver à la rue, il y a des mécanismes de redressement de ces sociétés, il faut les préserver”.

- Publicité -