Avant sa démission, le Président devrait prendre d' "importantes mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l'Etat durant la période de transition". Photo : DR.
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Après avoir annoncé sa candidature au scrutin présidentiel du 18 avril 2019, le Président Abdelaziz Bouteflika a décline son programme politique. Outre la poursuite et l’approfondissement des réformes multi-sectorielles engagées, Bouteflika annonce une conférence nationale inclusive dont les recommandations devraient aboutir à un enrichissement de la Constitution.  

Dans un message adressé à la nation annonçant sa candidature aux présidentielles d’avril prochain, le chef de l’Etat, dressant un bilan des acquis multidimensionnels réalisés depuis 1999, annonce pour le prochain mandat, s’il devait être élu à la magistrature suprême du pays lors du scrutin présidentiel du 18 avril prochain, une conférence nationale inclusive pour un consensus et dont l’objectif est d’élaborer une  “plateforme politique, économique et sociale“, devant aboutir à “un enrichissement approfondi de la Constitution“.


Bien sûr, je n’ai plus les mêmes forces physiques qu’avant, mais…”

A ce titre, Bouteflika,  qui auparavant n’aura pas manqué de faire part de son état de santé en disant que “bien sûr, je n’ai plus les mêmes forces physiques qu’avant, chose que je n’ai jamais occultée à notre peuple”, affirmera à propos de la conférence nationale annoncée que “si vous m’honorez de votre confiance précieuse, le mois d’avril prochain, j’inviterai dès cette année toutes les forces politiques, économiques et sociales de la Nation à une Conférence nationale consacrée à la concrétisation du consensus sur les réformes et les changements que notre pays devra engager en vue d’aller plus loin dans la construction de son devenir et de permettre à nos concitoyens de continuer à vivre ensemble, de mieux en mieux, dans la paix et la prospérité”.

“Pour rétablir la confiance des citoyens dans les institutions”

Expliquant les motivations de cette Conférence il dira qu’il s’agit “de parfaire les réalisations concrétisées dans les domaines de la paix, de la concorde, des réformes et du  développement”. Et ce dans l’objectif de “rétablir et consolider la confiance des citoyens dans les institutions, raffermir l’Etat de droit et la bonne gouvernance, et conforter un développement économique fondé sur la justice sociale et l’affirmation d’une économie nationale d’initiative, productive et compétitive“.

Répondre aux attentes des jeunes pour mettre fin à la harga

Dans ce contexte, il n’a pas manqué d’évoquer le phénomène de la harga auquel recourt la jeunesse algérienne à travers des “tentatives d’exil, extrêmes et suicidaires”. C’est pourquoi, relèvera-t-il, “nous devons assurer une présence plus forte des jeunes dans les instances exécutives et dans les assemblées élues, pour définir et mettre en œuvre des réponses à leurs attentes”.

Vaincre la bureaucratie…

Par ailleurs, le chef de l’Etat abordera également la problématique de la bureaucratie qui constitue un obstacle au “raffermissement l’Etat de droit et la bonne gouvernance”, et qui dira-t-il devra être vaincue par “la modernisation et une décentralisation accrue de l’administration publique”, et par le renforcement de “la contribution des citoyens à la gestion des affaires locales à travers la mise en place de mécanismes de démocratie participative”.


“Progresser dans la lutte contre la corruption”

Dans ce contexte, Bouteflika soulignera aussi la nécessité de “surtout consolider l’indépendance de  la Justice, et assurer une plus grande mise en œuvre de ses décisions”. A ce propos, il appellera notamment à “progresser davantage dans la lutte contre la corruption”, et ce “par le renforcement des organes chargés de cette mission ainsi que par une plus grande implication de la société civile dans ce combat”.


“Le secteur public, le privé national et le partenariat étranger pour l’ augmentation des revenus du pays”

Au plan économique, Bouteflika plaidant pour l’approfondissement des “réformes structurelles et financières”, indiquera que “tous les changements nécessaires devront être introduits sans dogmatisme aucun, avec le concours du secteur public, du capital privé national et du partenariat étranger, et avec comme seule référence l’efficacité et la performance, la création d’emplois et l’augmentation des revenus du pays”.

“Pérenniser notre système de protection sociale”

Dans le domaine social, Bouteflika réitérera les “principes de justice et d’équité sont des constantes nationales” dont la concrétisation, écrira-t-il dans son message, nécessitera des mises à niveau pour améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et garantir la pérennité de notre système de protection sociale”.

Telles sont en effet, les préoccupations majeures dont débattra la conférence nationale à laquelle appelle Bouteflika, désormais candidat à la présidentielle d’avril prochain. Laquelle conférence devra aboutir à une plate forme politique, économique et sociale, dont les propositions pourraient constituer un enrichissement profond de la  Constitution.


“Profonde reconnaissance aux nombreuses voix...”

Par ailleurs, outre de décliner son programme politique, Bouteflika exprimera sa “profonde reconnaissance aux nombreuses voix” qui l’ont “sollicité pour poursuivre ma mission au service de la patrie”. Ce sont dira-t-il  des “appels dont j’ai perçu les attentes” et “me rassurent que je n’ai pas déçu la majorité de notre peuple, même si je n’ai certainement pas concrétisé la totalité de mes engagements envers lui, ni encore moins satisfait toutes  ses attentes et ses ambitions qui sont grandes”. “Dans le même temps, je suis conscient que notre pays a encore de grands  chantiers à prendre en charge et à parachever et de grands défis à relever”, ajoutera le Président Bouteflika qui par cette annonce vient mettre un terme à un long suspens et autres spéculations autour des présidentielles d’avril 2019.

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