Les navires humanitaires ont été interdits, ces derniers mois, à opérer en Méditerranée centrale. Photo: DR.
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Ces bateaux (des hors-bords) vont renforcer la flotte des garde-côtes libyens dans la lutte contre les flux migratoires vers l’Europe et contre les groupes terroristes activant en Méditerranée.

La France a annoncé qu’elle livrera six bateaux à
la marine libyenne pour bloquer en Méditerranée les migrants se dirigeant vers l’Europe, annoncent des sources gouvernementales françaises.

L’information, donnée auparavant par l’ONG Médecins sans frontières (MSF), a été confirmée hier lors du point de presse hebdomadaire du ministère français des Armées.


En effet, selon le quotidien français Le Monde, le cabinet de la ministre Florance Parly a indiqué avoir déjà communiqué cette décision au chef du gouvernement libyen, Fayez al-Saraj, lors de son entrevue à Munich, samedi dernier, avec la ministre française à l’occasion de la conférence sur la sécurité.

Ainsi, d’après le gouvernement français, ces bateaux (des hors-bords), équipés d’un GPS et d’un radar, vont renforcer la flotte des garde-côtes libyens dans la lutte contre les flux migratoires vers l’Europe et contre les groupes terroristes activant en Méditerranée.

Beaucoup, notamment du côté des ONG qui se battent pour sauver des vies au large de la Méditerranée, craignent une montée de violences à l’égard des
migrants qui sont interceptés en mer par les autorités libyennes et mis en détention dans des camps libyens.

Il faut rappeler que les navires humanitaires ont été interdits, ces derniers mois, à opérer en Méditerranée centrale. En janvier dernier, Médecins sans frontières avait tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de détention de ces migrants, constatant une nette augmentation du nombre de personnes dans les centres de détention de Misrata et Khoms.

Le 21 janvier, 106 migrants et réfugiés ont été débarqués d’un navire commercial à Khoms, selon l’ONG. “Ces personnes récemment débarquées en Libye sont désormais enfermées dans des centres surpeuplés. Les conditions de détention déjà difficiles sont aggravées par l’arrivée de nouveaux migrants“, avait indiqué l’ONG, relevant que parmi les personnes récemment débarquées, certaines souffrent de malnutrition, d’hypothermie ou de diarrhée sévère.

Le journal numérique Médiapart a estimé qu’avec cette livraison de bateaux, la France “franchit donc le pas“, alors que les ONG et le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies “n’ont cessé de documenter, non seulement les agressions commises par les garde-côtes à l’encontre des migrants durant leurs opérations de +secours+ en mer, mais surtout l’ampleur des violences commises dans les centres de détention“.

Un rapport de la Mission des Nations unies pour la Libye (Manul) a indiqué que les migrants y “subissent de fréquentes tortures et autres mauvais traitements“.
Pour MSF, la France fournit des moyens logistiques “destinés à refouler les réfugiés en violation du droit international“.

Les conventions internationales imposent à tout marin amené à secourir une embarcation en détresse de conduire ses rescapés dans le “port sûr” le plus proche,
explique Médiapart.

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